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Total avec QP pour son projet algérien ?

Julien Cottineau

Le complexe pétrochimique aurait du entrer en service cette année. C'est ce qu'avait prévu Total à l'été 2007 lors de l'annonce de ce projet à Arzew, près d'Oran, en Algérie, en partenariat avec Sonatrach. Repoussé plusieurs fois, il n'a toutefois jamais été abandonné. Actuellement, les discussions auraient même été relancées plus énergiquement. Avec de nouvelles perspectives. Dans un entretien paru ce mois-ci dans le Refining and Petrochemicals Middle East Magazine, Patrick Pouyanné, directeur général Raffinage-Chimie de Total, révèle que Qatar Petroleum (QP) pourrait rejoindre les deux partenaires initiaux. Pour l'heure, il est prématuré de distinguer dans quelles proportions QP pourrait s'impliquer. Le magazine évoque une participation de l'ordre de 5 à 10 %. Cette arrivée du géant qatari dans le projet n'est pas vraiment surprenante. D'abord car jusqu'à présent, il s'est essentiellement concentré sur des projets industriels au Qatar et qu'il cherche à développer ses activités à l'international. Ensuite parce qu'il a noué de solides liens avec Total. La coentreprise pétrochimique Qapco est détenue à 80 % par Industries Qatar (dont QP détient 70 % du capital) et à 20 % par le groupe français. Total détient également 36 % du capital de Qatofin, coentreprise détenue aussi par Qapco (63 %) et QP (1 %). A travers ces différentes participations, Total est impliqué dans deux sites industriels : le vapocraqueur de Ras Laffan dans le nord du pays et une usine de polyéthylène à Messaied, dans le sud du Qatar . En début d'année, QP et Qapco ont par ailleurs signé un accord pour établir un autre complexe pétrochimique dans l'émirat.

« Le financement a également compliqué les choses » 

L'arrivée de QP dans la coentreprise permettra peut-être enfin de régler le problème de l'actionnariat du projet algérien. Initialement, Total devait être impliqué à 51 %. Mais le gouvernement algérien a décidé, il y a quelques années, que toute coentreprise avec des partenaires étrangers devait être majoritairement détenue par un groupe local. Le financement a également compliqué les choses, notamment avec la volonté des Algériens d'utiliser le dinar comme monnaie de référence plutôt que le dollar, ce qui serait plus problématique. Enfin, la question de l'approvisionnement en éthane ne serait pas totalement arrêtée. A l'origine, Sonatrach devait fournir l'éthane depuis le site d'Arzew, mais proposerait finalement une solution alternative plus coûteuse mais toujours compétitive. Selon Chemical Week, un apport par pipeline depuis d'autres infrastructures en Algérie serait envisagé.

En 2007, le projet était alors évalué à 3 milliards de dollars. L'enveloppe sera probablement supérieure. Le groupe n'a pas souhaité commenté un chiffre de 7 Mrds $ rapporté par Chemical Week. Au niveau des capacités, le projet conserverait les mêmes contours ou presque. Il s'agirait toujours d'un vapocraqueur alimenté par 1,4 million de tonnes d'éthane par an, pour la production de 1,1 Mt/an d'éthylène. En aval, une unité de mono-éthylène glycol d'au moins 410 000 t/an serait construite, ainsi que des lignes de polyéthylène (PE) d'une capacité totale d'environ 800 000 t/an. A l'origine, Total évoquait des productions de PE haute densité (PEHD) et de PE basse densité linéaire. En 2009, le projet avait été modifié avec la suppression de lignes de PEHD pour du PE basse densité. Reste la question du calendrier. Si les discussions se poursuivent, aucune date n'est avancée pour la signature définitive d'un accord ni pour le démarrage opérationnel du complexe.

 

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