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Total engage 1 Mrd € à Anvers

Julien Cottineau

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C'est acté. Le géant énergétique tricolore va bel et bien engager 1 milliard d'euros à Anvers, en Belgique, pour moderniser sa plus grande plateforme de raffinage/pétrochimie en Europe.

Avec l'objectif d'en faire une des plus rentables de sa division Raffinage-Chimie. Après la modernisation de la plateforme Normandie, en France, le projet belge était attendu. Évoqué publiquement dès 2012, il avait été confirmé par Patrick Pouyanné, directeur général de la branche Raffinage-Chimie de Total dans une interview au quotidien La Libre Belgique, fin avril. Désormais, les détails de la modernisation de cette plateforme de 1 700 salariés sont connus.

Côté raffinage, qui concentrera la majorité des investissements (700 M€), un complexe doté d'une unité de désasphaltage au solvant et d'un hydrocraqueur pour la conversion des fiouls lourds en diesel et fiouls désulfurés sera construit. Avec une mise en service début 2016. Côté chimie, Total va mener plusieurs projets dans le cadre d'une enveloppe d'environ 300 M€. Le principal consistera en la construction d'une unité pour la conversion de gaz, récupérés lors du processus de raffinage (off gaz ou gaz fatal), en matières premières pour les unités pétrochimiques du site. Outre l'amélioration de l'intégration entre les actifs de raffinage et de pétrochimie, ce projet va surtout permettre à Total de diversifier l'alimentation de ses vapocraqueurs et de réduire ses besoins en naphta, très coûteux. La future unité permettra ainsi d'alimenter ces besoins en matières premières à hauteur de 40 %. Cette unité doit être mise en service début 2017.

Le plan de modernisation prévoit aussi de supprimer deux unités pétrochimiques qui ne sont plus jugées compétitives. La première est le vapocraqueur NC1 le plus petit du site (240 000 t/an d'éthylène sur base naphta et butane), qui est aussi le plus ancien (1968). Déjà arrêté par « manque de débouchés commerciaux » depuis juin 2012, il sera fermé et démantelé. En conséquence, les capacités de production d'éthylène seront réduites de 1,3 à 1,06 Mt/an, et le site ne comportera plus que deux vapocraqueurs d'éthylène : NC2 (460 000 t/an) et NC3 (600 000 t/an). En conséquence également, les capacités de propylène seront aussi légèrement revues à la baisse. Elles seront réduites de 680 000 à 550 000 t/an pour celles des vapocraqueurs. En revanche celles de la raffinerie (200 000 t/an) augmenteront de 10 %.

Total, qui recense à Anvers des capacités actuelles de 540 000 t/an de polyéthylène haute densité (HDPE), va par ailleurs supprimer une de ses lignes de production. Là aussi il s'agit de la plus petite (70 000 t/an) et de la plus ancienne. Elle continuera toutefois de produire jusqu'à fin 2014, en attendant la fin des investissements prévus sur les autres lignes de polyéthylène, qui produiront à l'avenir des gammes à plus forte valeur ajoutée, comme du HDPE obtenu par catalyse métallocène bimodal. Ces produits offrent une résistance mécanique plus élevée, note le groupe, et visent des applications dans les films, les capsules ou encore le rotomoulage. En revanche, Total n'a pas fait d'annonce concernant ses unités de production de fractions C4 et d'hydrocarbures aromatiques. Selon Patrick Pouyanné, ces projets illustrent la volonté du groupe de « rester parmi les leaders du raffinage et de la pétrochimie en Europe, mais aussi sa capacité à adapter son outil industriel à l'évolution des marchés en réduisant ses capacités de production et en les orientant vers des produits à plus forte valeur ajoutée qui respectent les normes environnementales les plus strictes ».

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