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Total et Corbion se lancent dans le PLA

Julien Cottineau

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Le profil du projet aura changé en moins de deux jours. Le 14 novembre, Corbion annonçait la pose de la première pierre d'une usine de polymérisation d'acide polylactique (PLA) sur son site de Rayong, en Thaïlande. Le 16 novembre, le groupe Total annonçait se joindre au projet. « Nous l'aurions construite seuls au besoin, mais c'est mieux de disposer d'un partenaire stratégique », précise un porte-parole du groupe néerlandais. Comme annoncé dès l'automne 2014 par Corbion (CPH n°695), le projet porte sur une usine d'une capacité de 75 000 tonnes par an de PLA. Polymère biosourcé, à partir de sucre ou d'amidon transformé par fermentation en acide lactique, et biodégradable, le PLA trouve des applications dans les emballages alimentaires, la vaisselle jetable, les textiles, l'électronique, l'automobile ou l'impression 3D. Selon les deux partenaires, le marché du PLA disposerait d'une forte marge de progression grâce à un taux de croissance annuel moyen de 10 à 15 % jusqu'en 2025.
 

« Des capacités de 75 000 t/an en Thaïlande »


L'usine, qui devrait entrer en service en 2018, produira la gamme Luminy de Corbion, qui permet d'obtenir un PLA plus résistant aux fortes chaleurs par rapport à un grade standard. Le chimiste néerlandais utilisera ses technologies de polymérisation et celles du Suisse Sulzer Chemtech pour la future usine thaïlandaise. Les dépenses d'investissement se portent à un total de 140 millions de dollars (près de 131 M€) qui sera supporté à parts égales entre les deux partenaires. La coentreprise 50/50 sera officiellement constituée au premier trimestre 2017, et établie aux Pays-Bas. Cette coentreprise financera et supervisera la construction de l'usine de PLA mais pas seulement. Elle va aussi acquérir l'unité thaïlandaise de Corbion pour la production de lactides, qui alimentera la future usine de PLA. L'unité de lactides sera d'ailleurs renforcée, avec des capacités portées de 75 000 à 100 000 t/an d'ici à 2018. Techniquement, selon un porte-parole de Corbion, Total devrait verser 40 M$ à son partenaire pour la reprise des actifs au sein de la coentreprise, somme comprise au sein des 140 M$. En revanche, l'usine d'acide lactique que détient également le chimiste néerlandais en Thaïlande ne sera pas versée dans la coentreprise et restera sous son seul contrôle.
 

Fort d'un héritage de 80 ans, Corbion se revendique leader mondial de l'acide lactique, de ses dérivés, et des lactides, et l'un des grands acteurs mondiaux des mélanges fonctionnels contenant des enzymes, des émulsifiants, des minéraux et des vitamines. Pour ce groupe de 1 673 salariés, qui a généré des ventes de 918,3 M€ en 2015, il s'agira de sa toute première usine de PLA. Il s'agira d'ailleurs d'une des très rares usines à échelle commerciale dans le monde. Actuellement, l'une des seules usines de ce type est celle de NatureWorks (140 000 t/an) dans le Nebraska (États-Unis).
 

Pour Total il s'agit d'une entrée industrielle dans le domaine des bioplastiques. Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-Chimie du géant français nourrit l'ambition que cette coentreprise avec Corbion puisse « créer un acteur majeur du marché en croissance des bioplastiques. Cet investissement est cohérent avec notre ambition One Total de nous développer dans les biocarburants et les bioplastiques, en complément de nos produits traditionnels à base d'hydrocarbures ». Total avait déjà un pied dans le PLA depuis 2007 dans le cadre de sa coentreprise avec Galactic. Une unité de démonstration dotée de capacités de 1 500 t/an avait été mise en service en 2010 à Escanaffles, en Belgique (CPH n°506). Mais Total s'est retiré de Futerro en janvier 2016 en cédant ses parts à Galactic, la technologie ne correspondant finalement pas exactement à ses attentes. Celle de Corbion est décrite comme « parfaite ». Et le projet est d'une toute autre échelle.

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