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Total et Saudi Aramco renforceront Jubail

Julien Cottineau

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Ils n'avaient pas caché qu'ils pourraient voir plus grand. Dès 2014, après la mise en service de la plateforme de Satorp à Jubail, en Arabie Saoudite, Total et Saudi Aramco avaient déjà évoqué la possibilité d'investir dans l'aval (CPH n°670). Les deux partenaires ont désormais enclenché le processus. Le 10 avril, profitant de la visite officielle du Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane en France, ils ont annoncé un projet de complexe géant, représentant un investissement massif de 9 milliards de dollars. Ce complexe sera construit à côté du site de raffinage (440 000 barils par jour) et de pétrochimie (1 Mt/an de paraxylène, benzène et propylène) de Satorp, la coentreprise détenue majoritairement par Saudi Aramco (62,5 % du capital) et Total (37,5 %). Le calendrier n'a pas été dévoilé. Pour l'heure, les deux groupes ont indiqué que les études d'ingénierie d'avant-projet détaillé (FEED) devraient démarrer au troisième trimestre 2018.
 

Le projet s'articule en deux volets. Le principal représente une enveloppe de 5 Mrds $, à la charge de Satorp, et concernera le complexe pétrochimique. Celui-ci s'articulera autour d'un vapocraqueur sur charges mixtes, alimenté à hauteur de 50 % en éthane et à 50 % en gaz de raffinerie. Les capacités seront de 1,5 million de tonnes par an d'éthylène, ce qui correspond aux standards actuels pour une taille dite mondiale. En aval seront construites des unités pétrochimiques à « haute valeur ajoutée ». Le détail de ces unités n'a pas été révélé, mais Total indique qu'il y aura notamment du polyéthylène haute densité.
 

Le second volet ne sera pas totalement entre les mains du géant français et de son partenaire saoudien. Des investisseurs tiers, dont les identités demeurent confidentielles à ce stade mais qui sont des « grands acteurs dans leur secteur », se sont engagés à investir environ 4 Mrds $. Ces investisseurs ont déjà signé des protocoles d'accord avec Total et Saudi Aramco pour implanter en aval du vapocraqueur des unités pétrochimiques et de spécialités. Il est question d'unités d'alpha-oléfines linéaires, de polyalpha-oléfines linéaires (LAO/PAO), d'élastomères, d'acrylonitrile, d'isoprène, de polyisoprène, de polyisobutylène ou encore d'alcools oxo. Au total, les capacités des deux volets de ce gigantesque projet pourraient dépasser les 2,7 Mt/an !
 

Ce plan est stratégique pour le développement de Satorp, lui promettant une meilleure intégration de son complexe actuel. De son côté, Saudi Aramco y trouve la possibilité de renforcer ses activités pétrochimiques. Actuellement, le géant saoudien multiplie les projets dans le domaine, comme ceux dévoilés la semaine dernière en Inde et aux États-Unis. Pour le géant français, c'est l'occasion de renforcer sa stratégie de « maximiser l'intégration de nos grandes plateformes raffinage-pétrochimie », et de « développer nos activités pétrochimiques à partir de charges avantagées pour tirer parti de la croissance du marché des polymères en Asie », souligne Patrick Pouyanné, le p-dg de Total.
 

Le groupe français s'est particulièrement activé ces derniers mois, pour un renforcement de ses capacités pétrochimiques. Certains projets sont passés en phase opérationnelle, comme c'est le cas de la modernisation de la plateforme d'Anvers, en Belgique (CPH n°824). D'autres sont en cours, comme les projets de renforcement des capacités d'éthylène et de polyéthylène sur la plateforme sud-coréenne de Daesan aux côtés de son partenaire Hanwha (CPH n°826). Enfin, il y a la catégorie des projets en devenir comme celui mené avec Borealis et Nova Chemical pour établir un vapocraqueur et potentiellement une usine de polyéthylène au Texas (CPH n°834).

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