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Total s'allie à Borealis et Nova pour son vapocraqueur au Texas

Julien Cottineau

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C'était attendu. Depuis 2013, l'idée de construire un vapocraqueur aux États-Unis était à l'étude chez Total. Le projet avait été rendu public lorsque le géant français avait procédé à une flexibilisation du vapocraqueur de sa coentreprise avec BASF à Port Arthur, au Texas (États-Unis), implanté sur le site de la gigantesque raffinerie américaine de Total. Objectif : ne pas passer à côté de l'opportunité de l'éthane bon marché outre-Atlantique (CPH n° 637). Avec le temps, l'idée d'un side-cracker intégré avait avancé. En 2015, un contrat d'ingénierie d'avant-projet détaillé (FEED) avait été confié à CB&I (CPH n° 732). Mais le groupe français cherchait toujours des partenaires. Il les a trouvés.


« Un vapocraqueur sur base éthane de 1 Mt/an »


Nova Chemicals et Borealis viennent de signer un accord préliminaire pour s'associer au projet texan de Total. Un projet de très grande envergure. Les trois partenaires constitueraient une coentreprise détenue à 50 % par le groupe français. Leur objectif serait de construire à Port Arthur un vapocraqueur sur base éthane d'une capacité de 1 million de tonnes par an d'éthylène, soit une capacité similaire au vapocraqueur existant partagé avec BASF (environ 1,1 Mt/an, détenu à 60 % par le groupe allemand). Le projet nécessiterait un financement de 1,7 Mrd $ (1,58 Mrd €). Une somme finalement pas si conséquente pour un programme de cette ampleur. Total évoque d'ailleurs « l'un des projets de craqueur les plus compétitifs des États-Unis » grâce aux « importantes synergies avec sa plateforme intégrée de classe mondiale ». Le démarrage est envisagé pour 2020, et une soixantaine de postes devraient être créés sur place pour la gestion des opérations après la mise en service. Le contrat d'ingénierie et de construction a été confié également
à CB&I.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Total et ses deux partenaires, tous deux détenus majoritairement par le groupe International Petroleum Investment Company (IPIC, Emirats Arabes Unis), voient plus grand. Ils envisagent aussi la construction d'une vaste usine de polyéthylène (PE). Celle-ci, pour laquelle une étude FEED est en cours, serait implantée sur un autre complexe texan de Total, à Bayport. Elle serait dotée de capacités de 625 000 t/an. Le montant de l'investissement n'est pas encore déterminé, mais globalement, avec le projet de vapocraqueur, les trois partenaires seraient sur une perspective qui pourrait avoisiner les 3 Mrds $, selon les chiffres habituels pour ce type de projets. L'usine de PE utiliserait le procédé technologique Borstar, de Borealis, ce qui serait une première sur le sol américain, et qui permet de produire du PE haute densité et du PE basse densité linéaire. Par ailleurs, à Bayport, Total dispose déjà de deux lignes de PE haute densité, pour une capacité totale d'environ 400 000 t/an. Ces capacités seraient versées à la coentreprise avec Nova et Borealis. Une décision définitive pour la constitution de la coentreprise et le projet de polyéthylène est attendue d'ici la fin de l'année. « Après des investissements significatifs dans le GNL et le gaz de schiste américains, cet investissement de près de 2 Mrds $ montre notre volonté de renforcer notre présence aux États-Unis où nous sommes depuis 60 ans et où nous avons plus de 6 000 collaborateurs » s'est félicité Patrick Pouyanné, le patron de Total. Sur le sol américain, en termes de pétrochimie, le géant français détient aussi un gigantesque complexe de polypropylène à La Porte, toujours au Texas, et l'une des plus grandes usines au monde de polystyrène, à Carville en Louisiane. Outre-Atlantique, Total dénombre enfin une multitude de sites chimiques via ses filiales Hutschinson et Cray Valley.

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