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Trimatec privilégie les projets à ancrage territorial

Sylvie Latieule

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Le pôle redéfinit ses priorités après une restructuration en fin d'année 2016. Sa vocation d'accompagner le développement de procédés propres et sobres pour l'industrie reste entière sur des projets plus territoriaux.

C'est avec une équipe resserrée, mais motivée, que le pôle de compétitivité Trimatec a abordé l'année 2017. Alors qu'il avait accompagné, dans le cadre des Investissements d'avenir, de grands projets structurants, il a fait les frais d'une désaffectation des grands investisseurs ; nombre d'acteurs qui travaillaient notamment sur la valorisation de la biomasse sous forme de biocarburants se sont désengagés. « Le pôle avait beaucoup grossi grâce à ce segment des biocarburants. Mais cet engouement a fondu et de nombreux projets se sont effondrés », justifie Hughes Blachère, président du pôle. Aussi, tout en poursuivant sa vocation d'accompagner le développement de procédés propres et sobres pour l'industrie, Trimatec affiche aujourd'hui sa nouvelle feuille de route : « Développer des projets à ancrage territorial ».

En effet, les territoires que couvre le pôle, à savoir Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, regorgent de biomasses qui n'ont pas toujours trouvé de voies de valorisations pertinentes. C'est notamment le cas de la balle de riz. Il s'agit d'un coproduit dérivé du décorticage du riz qui est déjà utilisé comme engrais ou comme combustible. Mais il peut faire mieux. « Nous avons organisé, le 30 mars, avec la communauté de commune du pays d'Arles une manifestation où nous avons examiné six projets autour de la valorisation de la balle de riz. Nous en avons sélectionné deux d'entre eux puis nous aiderons les porteurs à monter ces projets, soit à travers une labellisation du pôle, soit en leur donnant accès à des FUI ou d'autres sources de financement » explique Hughes Blachère. Dans cette initiative, Trimatec a su mobiliser des industriels, des universitaires et des associations impliquées dans l'économie circulaire s'intéressant déjà à la balle de riz. De nouveaux débouchés sont pressentis dans le domaine des cosmétiques, à travers l'extraction de molécules d'intérêt, dans la filtration pour proposer de nouveaux médias qui seraient capables de retenir des métaux lourds ou dans la fabrication de matériaux isolants pour le secteur de la construction.

De l'avis de Hughes Blachère, d'autres biomasses présentent de l'intérêt comme l'amande qui est cultivée en Occitanie et PACA et dont on peut valoriser la coque, la peau ou les noyaux, ou la vigne, bien que le sujet soit déjà largement travaillé dans le Bordelais. « De façon générale, j'essaie d'identifier des déchets de l'agriculture ou de l'industrie agroalimentaire qui pourraient être valorisables », ajoute le président.

 

Une biomasse algale à fort potentiel

 

Et puis le pôle va continuer à s'intéresser de près à la valorisation de la biomasse algale, en particulier en provenance des micro-algues. La Bretagne est certes très active sur le sujet, mais Hughes Blachère fait valoir que le climat dans le sud de la France est beaucoup mieux adapté à la culture des micro-algues qui requièrent de la chaleur et de la lumière pour se développer. C'est ainsi que Trimatec participe depuis la fin 2015 à la structuration d'une filière et à la création de l'association France Microalgues, aux côtés des pôles IAR, Mer Bretagne Atlantique et Mer Méditerranée. Cette initiative a été fondée par des entreprises de toute la France commercialisant des produits et services à base de micro-algues et qui souhaitent développer, valoriser et promouvoir les micro-algues dans les marchés de la nutrition, de la santé et des cosmétiques et qui ont souhaité s'associer aux quatre pôles de compétitivité. On retrouve dans la liste des fondateurs des sociétés comme Algosources, Alganelle, Microphyt, Roquette, Greensea ou encore Fermentalg.

En parallèle, le pôle poursuit l'initiative SITech (pour Stimulation de l'innovation technologique) qui continue de mobiliser des acteurs des écotechnologies propres et sobres pour les secteurs de la chimie fine et la filière du végétal et de la biomasse dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Point d'orgue de cette action menée sur deux ans, la tenue à Lyon d'un congrès « WAS 2017 »(Workshop on Alternative Solvents) les 28 et 29 septembre. La rédaction d'une étude sur la biomasse algale, tandis que des projets structurants industriels devraient voir le jour grâce à la mise en relation de grands groupes industriels et de fournisseurs de technologies innovantes ou de services de recherches. Trimatec continue de miser sur des partenariats à l'international, notamment avec le Québec à travers l'organisation d'une mission annuelle pour mettre en relation des membres de Trimatec avec des PME canadiennes et de laboratoires de recherche locaux. Des rencontres qui sont centrées sur les domaines de l'extraction et de la filtration. Hughes Blachère annonce par ailleurs le démarrage d'un accord avec le Fraunhofer IWKS basé à Alzenau en Bavière et centré sur des problématiques de ressources et de recyclage. Il fait suite à un accord signé avec le cluster belge GreenWin. Enfin, le partenariat signé en 2015 avec l'Union des Industries Chimiques en vue de renforcer la filière industrielle de chimie verte sur les territoires couverts par Trimatec commence à porter ses fruits. Le 28 juin, dans les nouveaux locaux de l'école de chimie de Montpellier sera inauguré le club Ecochimie Sud qui rassemblera des industriels, des laboratoires et des universitaires engagés dans la chimie verte. Parmi les autres partenaires de ce club, citons le pôle Chimie Balard, l'Ademe, la Directe Occitanie, l'UIC Med, l'UIC PACA et le CRITT Novachim.

En résumé, les actions futures de Trimatec vont s'inscrire dans la continuité avec le soutien d'entreprises et de projets dans la valorisation de la biomasse et la dépollution, le recyclage et la valorisation de déchets et d'effluents, mais avec un ancrage plus local. Les marchés visés seront toujours la chimie verte, l'environnement, l'agroalimentaire, la santé/bien-être/cosmétique, l'énergie. En soutien, l'utilisation des outils technologiques innovants de ses adhérents sera favorisée : technologies membranaires, eco-extraction par fluides supercritiques, ultrasons ou micro-ondes, simulation, systèmes de cultures de micro-algues...

Les chiffres clés de Trimatec
  • 173 adhérents
  • 65 % de PME
  • 24 000 emplois
  • 265 projets labellisés avec 199 M€ d'aide publique
  • 3 régions : Occitanie, PACA et Auvergne-Rhône-Alpes

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