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Tronox futur leader mondial du TiO2

Julien Cottineau

Il s'agit de la première grande acquisition de l'année 2017 pour la chimie. L'Américain Tronox vient de conclure un accord définitif pour reprendre Cristal et ses activités de dioxyde de titane (TiO2) et dérivés. Soit le numéro 6 du secteur reprenant le numéro 2 pour constituer le leader mondial. La transaction s'élève à 1,673 milliard de dollars (1,58 Mrd €), payable en numéraire mais également en actions, pour un volume équivalent à 24 % du capital de Tronox.

L'opération est colossale pour le groupe américain qui affiche un chiffre d'affaires de seulement 2,09 Mrds € en 2016 selon le bilan publié le 21 février dans la foulée de l'annonce Cristal. Question rentabilité, Tronox affiche une santé un peu plus dynamique en 2016 avec un résultat opérationnel de 36 M$ contre une perte opérationnelle de 118 M$ en 2015. Le résultat net est, lui, toujours dans le rouge, passé d'une perte nette de 307 M$ à une perte de 58 M$ entre 2015 et 2016. Mais Tronox a déjà prouvé par le passé qu'il ne craignait pas de se lancer dans des opérations de grande envergure. En 2015, il avait repris la division Alkali Chemicals de son compatriote FMC pour 1,64 Mrd $ (CPH n°706). Ironie de l'histoire, pour financer ses ambitions dans le TiO2, Tronox a désormais mis en vente sa division Alkali ! Soit un géant mondial du carbonate de soude naturel qui détient deux mines de trona du côté de Green River dans le Wyoming (États-Unis) et sept sites de produits inorganiques sur le sol américain. Tronox espère pouvoir céder cette entité de 950 salariés au second semestre 2017 afin de finaliser l'acquisition de Cristal au premier trimestre 2018.
 

« Le groupe tournera la page du carbonate de soude »
 

Le groupe tournera ainsi la page du carbonate de soude et ses dérivés pour embrasser une aventure quasi exclusivement dédiée au TiO2. Un marché pourtant difficile même s'il serait depuis 2016 en pleine renaissance, assure le patron Tom Casey. Malgré tout, l'option Cristal a reçu le soutien unanime des actionnaires. Actuellement, Tronox ne dénombre que quatre sites de production de TiO2 dans le monde, répartis entre les États-Unis, l'Australie et les Pays-Bas, pour des capacités totales de 465 000 tonnes par an, ainsi que des mines en Australie et en Afrique du Sud. Soit un profil bien plus modeste que celui de Cristal. Également appelé the National Titanium Dioxide Company, cet opérateur est détenu à 79 % par le Saoudien Tasnee et à 20 % par le Koweïtien Gulf Investment Corporation. Il s'agit du n° 2 mondial, avec des capacités installées de 858 000 t/an. Cette entreprise de 4 100 salariés dans le monde compte 8 sites de production entre les États-Unis, le Brésil, la Chine, l'Arabie saoudite, le Royaume-Uni et même la France, à Thann (Haut-Rhin). Ainsi que des mines en Arabie saoudite, au Brésil et en Australie.

Avec Cristal, Tronox atteindra des capacités installées de 1,32 Mt/an, juste devant ses compatriotes Chemours (1,24 Mt/an) et Huntsman (810 000 t/an). Le groupe américain évoque une « combinaison hautement synergique » et estime qu'il va pouvoir se poser comme le plus grand producteur mondial de TiO2 et le plus intégré avec des actifs sur six continents. Le futur Tronox disposera aussi de ventes bien plus équilibrées géographiquement. Elles passeront notamment de 42 % à 27 % pour l'Amérique du Nord, de 6 % à 14 % pour le Moyen-Orient et l'Afrique, et doubleront de 5 % à 11 % en Amérique latine. Tom Casey restera président et p-dg du groupe, Tronox conservera son siège social à Stamford, dans le Connecticut, ainsi que sa cotation à la Bourse de New York. Les propriétaires actuels de Cristal, qui devraient donc hériter de 24 % du capital de Tronox, hériteront par ailleurs de deux des neuf sièges au sein du conseil d'administration.

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