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Un moral au beau fixe

Les patrons de la chimie se basent sur la bonne santé de leurs clients aval.
Mesuré en avril, l'indice de confiance des patrons européens de la chimie n'a jamais été aussi haut depuis décembre 2000. Pourtant, les résultants économiques du début de l'année ne sont pas spécialement bons. Certes, le Cefic (association européenne de l'industrie chimique) souligne un léger mieux, notamment dans les spécialités et la chimie fine qui ont souffert en 2005, tandis que les prix de vente continuent d'être orientés à la hausse. Mais les prix des matières premières grimpent aussi. Le pétrole est à 70 euros le baril et les prévisions les plus pessimistes prédisent un baril à 80 euros pour la fin de cette année. Les prix du gaz et de l'électricité flambent. Sans parler de la hausse des prix des métaux tirés par la demande asiatique. Si la chimie n'est pas directement consommatrice, elle achète beaucoup d'équipements de production en métal, dont les prix sont fatalement orientés à la hausse. Que dire enfin des ingénieristes débordés qui font aussi flamber les prix de leurs prestations. Le chimiste saoudien Sabic vient de renoncer à un projet d'investissement à Geleen aux Pays-Bas pour ce motif peu courant. Autre tendance négative, la balance commerciale de la chimie européenne ne cesse de se détériorer. Le solde des échanges avec la Chine s'effrite, tandis qu'avec les Etats-Unis et la faible appréciation du dollar, le constat n'est guère meilleur. Et, si l'on se penche sur les résultats de la chimie française, les résultats du premier trimestre sont assez fébriles. Avec une baisse des volumes de 1,6 %, l'UIC (Union des industries chimiques) est obligée de réviser ses prévisions pour l'ensemble de l'année à la baisse, autour de 1,4 %. Dommage ! La tendance haussière constatée à la fin 2005 ne s'est pas concrétisée. L'organisation nous avait toutefois prévenus en évoquant une « reprise fragile ». Alors pourquoi tant d'optimisme chez les patrons de la chimie à l'heure où Reach s'apprête à être adopté en seconde lecture et mis en route en 2007. Comment peuvent-ils rester sereins alors que la distribution des quotas de CO2 est en passe d'être renégociée dans le cadre de la révision de PNAQ2 (second plan national d'affectation des quotas pour la période 2008-2012) ? Et pas forcément à l'avantage de l'industrie chimique. À cette situation bien paradoxale, le Cefic apporte son explication. En fait, si les patrons de la chimie se montrent confiants dans leurs perspectives de production, c'est parce qu'ils se basent sur la santé de leurs clients. Or, dans leur aval, des secteurs comme les métaux, les machines électriques, les biens d'équipements, l'automobile, les caoutchoucs et plastiques, le papier… montrent des signes d'amélioration. Il n'y a guère que l'industrie textile, terrassée par la concurrence asiatique, qui ne sera pas en mesure de tirer la croissance. Ajoutée à cela, la bonne santé de deux secteurs connexes à la chimie : pharmacie et bioéthanol. Le premier bénéficie d'un retour des investissements dans le domaine des vaccins et, d'une façon générale, des produits issus de la biotech. Le second est en plein boom en Europe, et même sur le territoire français avec la construction de six unités de bioéthanol. Et, bien entendu, il y a toujours les belles perspectives de développement en Asie. Le moral des patrons est bon et les prévisions à six mois restent positives. Pour savoir ce qui se passera au-delà, il faudra cependant interroger sa boule de cristal. Sylvie Latieule, rédactrice en chef

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