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Une organisation en plateforme clé de la compétitivité

S.L.

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L'industrie chimique allemande est aujourd'hui la 4e industrie mondiale et la 1ére en Europe. Or l'une de ses particularités est de posséder des plateformes géantes (des verbunds) telles que Ludwigshafen (opérée par BASF), Leverkusen (avec Bayer comme principal opérateur) ou Leuna (site multi-opérateurs). Elles se caractérisent par une gouvernance commune, une forte intégration entre chimies amont et aval. Et lorsque les matières premières ne sont pas fabriquées sur la plateforme, leur accès se fait à des coûts compétitifs.

La France possède aussi quelques plateformes. Dans une circulaire datant de juin 2013, le ministère de l'Écologie en a recensé 17. Mais elles sont bien moins imposantes que leurs voisines européennes. La plus importante, située autour du port du Havre (Seine-Maritime), emploie un peu plus de 5 700 salariés quand Anvers en Belgique en compte plus de 12 000. Par ailleurs, seules deux plateformes bénéficient véritablement d'une gouvernance mutualisée. Il s'agit de Lacq-Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) créée dans les années soixante pour valoriser le gaz et le soufre du gisement de Lacq. Elle est gérée par la Sobegi, filiale de Total et de Cofély. On peut également citer la plateforme de Roussillon (Isère) pilotée par le GIE Osiris, plateforme placée sous les feux de l'actualité avec la confirmation d'un investissement 200 millions d'euros de la société américaine Hexcel dans le domaine du polyacrylonitrile et de la fibre de carbone.

D'autres plateformes sont en cours de structuration. Par exemple à Fos (Bouches-du-Rhône), les statuts d'une nouvelle association, baptisée Piicto, ont été signés le jeudi 5 septembre. Le projet consiste à mettre en place une plateforme industrielle et d'innovation au Caban Tonkin dans les bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Sur les 1 200 hectares de superficie, seuls 43 % sont occupés à ce jour par Kem One, Lyondell chimie France, Bayer, Asco Industries, Solamat Merex, GDF Suez Thermique France, Everé, Air Liquide et Elengy. L'un des tout premiers objectifs sera d'installer un réseau de vapeur mutualisé pour diminuer le coût de cette utilité.

Un autre projet est en préparation à Carling (Moselle). Le groupe Total a annoncé l'arrêt de son vapocraqueur pour la fin 2015, mais en contrepartie, il est en train de réinvestir dans des unités de résines d'hydrocarbures à plus forte valeur ajoutée (CPH n°645). Une association vient tout juste d'être créée avec d'autres acteurs dont le groupe Arkema. La volonté est de faire avancer la plateforme et d'optimiser ses coûts.

Pour appuyer cette stratégie de structuration de la chimie en France, le Pipame (Pôle interministériel de Prospective et d'Anticipation des Mutations économiques) et l'UIC ont commandé une étude sur le sujet au cabinet Advancy. Ce dernier a comparé huit plateformes françaises à cinq européennes selon les critères suivants : gouvernance, intégration, coût des services et des utilités, logistique, réglementation, pérennité des installations, recherche et formation et attractivité du territoire. Il en est ressorti une série de leviers à actionner, à commencer par la mise en place de structures communes de gouvernance à travers une structure juridique de type GIE, société commerciale, société de gestion extérieure ou gestion déléguée à l'un des acteurs. Cette structure devra être guidée par une feuille de route dans tous les domaines : utilités, synergies, sécurité, développement... Autre action à mener d'urgence : la promotion de ces plateformes au niveau local, régional et même national. Il faudra même qu'une offre France puisse être promotionnée à l'international, comme n'hésite pas à le faire la chimie allemande sur son site www.chemicalparks.com. L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) qui est en passe de fusionner avec UbiFrance vient d'être saisie du dossier. Une réflexion est en court sur la façon dont devront s'organiser les actions.

Tous ces efforts sont bien entendu consentis pour tenter de redonner un peu de compétitivité à la chimie européenne écrasée par une chimie américaine dopée aux gaz de schiste. La mutualisation pourrait faire baisser dans un premier temps les coûts d'utilités et de services de 3 à 4 %, en attendant de l'argent frais apporté par de nouveaux entrants. Ce serait toujours ça de gagné !

 

À consulter sur www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/benchmark-europeen-sur-plateformes-chimiques

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