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Julien Cottineau

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La filiale pétrochimique et chimique de l'Italien ENI poursuit ses investissements pour se repositionner à la fois dans ses productions que sur les marchés à plus fortes valeurs ajoutées et les plus en croissance. Des efforts qui passent par de multiples projets, essentiellement pour ses actifs européens.

« Le chimiste italien veut avant tout rééquilibrer son portefeuille et réduire la part des commodités. »
La bascule est programmée pour s'effectuer à l'horizon 2016. Et à partir de 2016, Versalis devrait devenir une entité rentable. L'ex-Polimeri Europa, et toujours filiale chimique du géant énergétique italien ENI, se remet en ordre de marche. Le plan stratégique, d'une bagatelle de 2 milliards d'euros, avait été présenté, il y a près d'un an. Dans les grandes lignes, Versalis n'a pas changé son fusil d'épaule mais a avancé sur de multiples fronts. Avec des objectifs stratégiques et financiers ciblés. Le chimiste italien veut avant tout rééquilibrer son portefeuille et réduire la part des commodités. Face à des actifs vieillissants, des marges érodées par les coûts des matières premières et le désavantage d'être plus dépendant de la base essentiellement naphta de ses productions, Versalis va couper drastiquement. Ses capacités pétrochimiques de 2007 seront tranchées de 35 % d'ici 2017. Ce qui devrait lui permettre de renouer avec des taux opératoires pour ses vapocraqueurs de l'ordre de 85-90 % contre 65 % ces deux dernières années. Ainsi, d'ici à cinq ans, Versalis, qui vise un chiffre d'affaires de 6,8 Mrds € contre 6,4 Mrds € en 2012, tentera de réduire la part de ses commodités à 50 % de ses ventes totales actuelles, contre près de 70 % aujourd'hui.

Doubler les capacités d'élastomères
En parallèle, via un effort de 600 M€, le chimiste va doubler ses capacités d'élastomères et vise une augmentation de 100 % de ces ventes d'ici 5 ans, en s'appuyant sur les méga-tendances favorables (mobilité, urbanisation, transports plus écologiques) et sur la croissance de la demande en élastomères, qu'il évalue à 4,7 % par an dans le monde et jusqu'à 6 % en Asie. Versalis compte aussi se déployer fortement en chimie verte, à la fois pour accompagner ces méga-tendances mais aussi pour réduire son exposition aux matières premières pétrochimiques couteuses. Enfin, la diversification géographique sera centrale dans ce repositionnement. En 2012, ses ventes se ventilaient à plus de 50 % pour l'Italie, et plus de 40 % dans le reste de l'Europe. De quoi laisser une énorme marge de progression pour les marchés émergents. Versalis a déjà posé quelques jalons l'an dernier avec l'implantation de filiales en Chine, et des accords de coentreprises conclus dans les élastomères avec Petronas en Malaisie et Lotte Chemical en Corée du Sud. Aujourd'hui, un complexe en Amérique latine est également envisagé, sans plus de précision. Dans cinq ans, Versalis veut générer un résultat d'exploitation de plus de 300 M€, au lieu du - 683 M€ enregistré en 2012.

Parmi les chantiers prioritaires, Versalis pointe trois sites italiens. A Porto Torres, en Sardaigne, le site pétrochimique a absorbé 800 M€ de cash entre 2002 et 2012 et perd en moyenne 70 M€ par an. En 2011, avec la constitution de la coentreprise Matrica avec son compatriote Novamont, le chimiste a lancé un programme de 500 M€ pour la conversion du site en un complexe de bio-monomères et bio-polymères. Les capacités envisagées atteindront 350 tonnes par an à travers sept unités dont deux sont en construction. Sur le site de Priolo, en Sicile, déficitaire de 100 M€/an, le projet de modernisation de 400 M€ pourrait être achevé fin 2013. Avec au menu : réduction des capacités d'éthylène de 790 000 à 490 000 t/an, suppression du polyéthylène basse densité linéaire (150 000 t/an), augmentation des productions d'aromatiques et construction de capacités d'isoprène et de résines tackifiantes. Enfin, est en cours l'étude de la reconversion du complexe de Porto Maghera, dans le nord-est de l'Italie, en perte de 40 M€/an. Il pourrait devenir un complexe de bio-butadiène si les efforts menés avec Genomatica dans le domaine se concrétisent.

Importer de l'éthane américain ?
Pour ses autres actifs industriels, tous en Europe, Versalis poursuit ses plans déjà annoncés. Seule nouveauté, rapporte Chemical Week, il étudierait la possibilité d'importer de l'éthane bon marché américain. Deux projets seraient à l'étude : à Brindisi, en Italie, ainsi qu'à Mardyck (Nord), en France, seuls vapocraqueurs où Versalis pourrait utiliser de l'éthane au lieu du seul naphta. Le site français fait déjà l'objet de projections d'investissements, avec une possible unité de butadiène de 70 000 t/an.

 



Les productions de Versalis, en millions de tonnes par an.

Source  : Versalis

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