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Villers-Saint-Paul, un site dynamique en quête de visibilité

Depuis quelques années, la plateforme chimique de Villers-Saint-Paul a mis en place des projets pour mieux se structurer et gagner en visibilité. Une stratégie qui devrait lui permettre d'accueillir rapidement de nouveaux arrivants et investissements.

Accroître la visibilité de la plateforme pour contribuer à redynamiser le tissu industriel local. Telle est la stratégie qu'ont adoptée les entreprises implantées sur la plateforme de Villers-Saint-Paul dans l'Oise. Hébergeant quatre sociétés (Dow, Arkema, Chemours et VSPU Engie Cofely), ce site industriel est spécialisé dans plusieurs types de production de plusieurs types de composés chimiques : résines acryliques photo-durcissables (Arkema), polymères acryliques solubles dans l'eau (Dow), dérivés fonctionnels fluorés. D'une superficie de 37 hectares, la plateforme classée Seveso seuil haut compte actuellement plus de 300 collaborateurs directs et une centaine d'employés indirects. « Il y a plusieurs dizaines d'années, près de 3 000 employés travaillaient sur le site. Si depuis, les effectifs ont largement diminué, la plateforme a conservé les infrastructures adaptées pour ce niveau d'activité », indique Thierry Striebig, directeur de l'usine de Dow à Villers-Saint-Paul. En matière logistique, le site est bien desservi, que ce soit par la route (autoroutes A3/A4), par le rail (plusieurs gares dans un rayon de 15 min autour), ou encore l'aérien (proximité des aéroports internationaux de Roissy et de Beauvais). « Nous avons même la possibilité d'avoir du transport par barges depuis le port de Longueuil-Saint-Marie. À ce propos, Dow a récemment changé le mode d'approvisionnement d'une matière première fabriquée en Chine qui transitait par Anvers en Belgique, en optant pour un trajet via le port du Havre et Longueuil-Saint-Marie », détaille Thierry Striebig. Avant d'insister : « Ce changement diminue notre empreinte carbone et reflète la volonté des acteurs de la plateforme à faire vivre le bassin économique local ».

Une volonté commune de redynamiser la plateforme

Pendant longtemps, les industriels du site de Villers-Saint-Paul n'ont pas cherché spécifiquement à se faire connaître avant qu'un virage ait été entamé, il y a environ deux ans. « Nous avons initié des actions de communication afin de gagner en visibilité à la fois aux niveaux national et international pour tenter de redynamiser les activités du site. Dans un premier temps, nous avons cherché à promouvoir davantage par des agences de développement local plutôt que par les associations professionnelles sectorielles comme l'UIC », explique Thierry Striebig. Du coup, ces actions ont permis de mieux faire comprendre localement les enjeux liés à de nouveaux investissements et à l'arrivée de nouveaux acteurs sur le site. Ce qui constitue un bénéfice non négligeable selon le directeur du site de Dow : « En décidant de s'installer sur la plateforme, les entreprises bénéficieraient d'un soutien appuyé des élus locaux. Ce qui faciliterait grandement l'acceptation de la part des riverains et la mise en place de projets d'investissement ». Illustration de la volonté d'accueil de la plateforme, la société Rétia (filiale de Total), propriétaire d'une grande partie des sols et des bâtiments inoccupés, a initié en 2017 un programme de démolition de certains bâtiments non exploités pour libérer des parcelles. Ainsi, la plateforme dispose potentiellement d'une surface de 12 hectares, susceptible d'accueillir de nouveaux projets industriels et de nouveaux arrivants. « En matière d'utilités, le site est équipé d'une station de traitement des effluents avec une fiabilité de plus de 99,9 %. Et nous avons récemment fait en sorte d'exploiter au mieux cette installation, en passant des partenariats avec des structures voisines pour massifier les effluents à traiter. Le but étant toujours d'utiliser les actifs à bon escient », détaille Thierry Striebig. En outre, la plateforme a récemment noué une collaboration avec l'entreprise Esiane (filiale de Suez) pour récupérer de la vapeur issue de son site voisin de traitement de déchets. « À ce jour, nous n'achetons qu'une partie de la vapeur produite sur le centre d'incinération. Il serait possible de se procurer un volume plus important, si un nouvel arrivant en a besoin », complète Thierry Striebig. En outre, il est possible d'avoir un approvisionnement en eau déminéralisée, en gaz naturel, en azote, etc. À l'accès à ces utilités s'ajoutent de nombreuses prestations : présence de cellules communes EHS, équipes médicales formées au risque chimique, pompiers, équipes logistiques, gardiennage, etc. « Nous sommes complètement transparents quant au contrat lié aux utilités : un industriel peut ainsi en connaître le prix avant même qu'il ne s'installe sur la plateforme », souligne Thierry Striebig. En attendant d'accueillir de nouveaux arrivants, la plateforme de Villers-Saint-Paul se prépare prochainement à l'hébergement de nouveaux projets. En ce qui concerne la visibilité, les représentants du site entendent poursuivre leurs actions de communication, notamment en assurant une promotion au niveau de salons et de forums. « Nous allons également travailler afin d'obtenir un statut de "plateforme économique" reconnu par les pouvoirs publics », conclut Thierry Striebig. ?

LES RÉCENTS INVESTISSEMENTS DE DOW À VILLERS-SAINT-PAUL

Sur le site de Villers-Saint-Paul, Dow a récemment mené des projets en propre pour optimiser sa production chimique. « Actuellement, nos lignes permettent de produire 140 000 t/an de polymères acryliques hydrosolubles sous forme de granulés ou de mélanges destinés principalement au secteur de la détergence, ce qui représente l'équivalent de 8 500 camions par an, matières premières comprises », précise Thierry Striebig, directeur de l'usine de Dow à Villers-Saint-Paul. L'usine qui emploie 60 salariés a ainsi conduit trois programmes en trois ans. En 2015, Dow a remplacé l'ensemble des systèmes de commande sur ses lignes de production. L'année suivante, il s'est doté d'une nouvelle unité dédiée à la formulation de produits sans phosphates pour la détergence. En 2017, le chimiste américain a investi dans le contrôle de production. « Nous avions des salles de contrôle pour chaque type de production (granulés ou liquides) sur notre usine. Désormais, nous avons une seul et unique salle pour conduire les deux productions », explique Thierry Striebig. Avant de poursuivre : « Cela s'inscrit dans le cadre de la stratégie d'amélioration continue de Dow, qui vise à toujours optimiser les installations sur deux axes : la sécurité et la productivité, qui a augmenté de 20 % en trois ans ».

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