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Ypso-Facto compte améliorer les procédés

Propos recueillis par Sylvie Latieule
Ypso-Facto compte améliorer les procédés

Roger-Marc Nicoud se réoriente dans le conseil sur les procédés.

Quelques mois à peine après avoir définitivement quitté Novasep, Roger-Marc Nicoud retrouve sa casquette d'entrepreneur en créant la société de conseil Ypso-Facto. Sa proposition est d'offrir un oeil neuf aux entreprises de la chimie et des biotechnologies pour améliorer leurs procédés.

Ancien président et fondateur de Novasep, vous avez définitivement quitté cette société en mars de cette année. Quelques mois à peine après ce départ, votre goût de l'entreprenariat semble être toujours aussi prononcé puisque vous annoncez la création d'une nouvelle société...

En effet, j'ai quitté mon poste de président-directeur général de Novasep en octobre 2012, mais à cette date, j'ai pris la présidence du conseil de surveillance pour faciliter la succession avec la nouvelle équipe dirigeante. En mars de cette année, après 1 an et demi, j'ai jugé que la transition s'était passée normalement et que Novasep avait un très bon p-dg en la personne de Michel Spagnol. Il était temps de me retirer. Je garde cependant des relations historiques et amicales avec Novasep.

J'ai eu l'idée, il y a quelques années, de me servir des outils de la modélisation pour mettre au point des procédés de séparation et c'est ainsi que j'ai créé Novasep. Puis au fil des années, Novasep est devenu une « grosse machine » et j'ai dû troquer ma casquette de scientifique pour celle de patron de société. Dès que j'ai quitté mon poste de p-dg, j'ai décidé de revenir à mes racines. Je suis un scientifique de formation, spécialisé dans la simulation de procédés. Aussi j'ai mis à profit ces deux dernières années pour écrire un livre sur la simulation des procédés de chromatographie qui sera publié par l'Université de Cambridge en mars 2015. C'était un vieux projet auquel je n'avais jamais eu de temps à consacrer.

Pour trouver mon équilibre, j'ai cependant besoin d'avoir un pied dans la science et un pied dans l'entreprise. C'est pourquoi au mois d'octobre, j'ai créé la société Ypso-Facto.

 

Quelle est la vocation de cette nouvelle entreprise ?

J'ai constaté que, sur le marché, il y avait un vrai besoin d'une offre de conseil autour de l'amélioration des procédés avec de sérieuses compétences industrielles et scientifiques. Dans les spécialités, la chimie fine ou les biotechnologies, toutes les entreprises sont de plus en plus sous pression pour produire des molécules plus attractives économiquement, dans le respect de la sécurité et de l'environnement. Mais cela demande de se pencher sur la conception des procédés et d'inventer pour améliorer la performance. C'est un chantier immense auquel l'équipe d'Ypso-Facto peut apporter sa contribution. Ypso signifie d'ailleurs « Your Process Secured and Optimized ».

 

Quel est le profil de vos collaborateurs ?

Ypso-Facto est une toute jeune société mais elle a déjà réalisé une première acquisition avec le rachat de la société SRT qui a été créée par Serge Ratton, bien connu dans le monde de la chimie et du génie des procédés. Serge Ratton et son équipe sont aujourd'hui des collaborateurs d'Ypso-Facto et c'est ce type de profils que je souhaite fédérer : des hommes et des femmes qui ont une vraie expérience industrielle avec une approche scientifique la meilleure possible. Ypso-Facto compte ainsi une dizaine de collaborateurs. Ce qui n'est pas si mal pour une société qui vient de se créer ! Ils cumulent des décennies d'expériences dans des groupes industriels renommés tels que Boehringer-Ingelheim, Novasep, Rhône-Poulenc ou Solvay. Ils ont développé ou opéré des centaines de procédés chimiques ou biotechnologiques. Au plan scientifique, l'équipe a publié quatre livres, plus de 200 articles, et encadré 35 thèses dans le domaine de la simulation ou du développement de procédés.

 

Il y a énormément d'ingénieurs qui travaillent sur l'amélioration des procédés dans les groupes chimiques, les biotech, les CMO... Comment pensez-vous faire face à cette concurrence ?

Cette compétence dans le domaine des procédés existe souvent en interne dans les entreprises avec le risque pour les industriels d'être enfermés dans leurs habitudes imposées par la pression du quotidien. Ce que nous proposons, c'est un oeil extérieur en particulier sur des sujets très spécifiques et complexes. Ypso-Facto a d'ailleurs choisi de ne pas disposer d'actifs de production et de ne pas vendre d'équipements ni de produits, ce qui lui donne une totale liberté en toutes circonstances pour recommander les meilleurs procédés, équipements et sous-traitants. D'une certaine façon, nous sommes plus proches de l'ingénierie que du manufacturing, à la différence près que nous ne souhaitons pas construire d'usines, mais comprendre les fondamentaux des procédés et des produits.

 

Y a-t-il des marchés particuliers sur lesquels vous préféreriez vous développer, comme par exemple celui des biotech ?

Le secteur de la chimie est assez vaste et correspond à des segments de marchés très divers. Néanmoins je crois que lorsque l'on parle d'amélioration de procédés, les méthodologies que l'on peut utiliser sont transverses car l'objectif est toujours le même : produire des molécules dans des conditions optimales. Pour ce qui est de la biotech, j'aime beaucoup la discipline et ce qu'elle permet de faire, mais je reste absolument convaincu que la chimie organique ne va pas disparaître. Je crois même qu'elle va continuer à se développer y compris dans la pharmacie. Pensez-vous vraiment que l'on puisse remplacer toutes les petites molécules de la pharmacie par des protéines complexes ? J'en veux pour preuve le bon développement des peptides qui sont des intermédiaires entre les grosses et les petites molécules. En conclusion, il ne faut pas opposer biotech et chimie. Nous avons à notre disposition une boîte à outil extrêmement bien remplie. Il faut l'utiliser de la meilleure façon possible.

 

Que pensez-vous de l'intensification des procédés et de ses outils ?

Les outils de l'intensification pour transformer des opérations batch en continu ou l'utilisation de microréacteurs peuvent avoir un intérêt. Mais je me méfie des recettes miracles. Justement, notre projet est d'orienter les clients vers des technologies optimales sans être restrictifs. Cela donne beaucoup plus de latitude.

 

Qui finance Ypso-Facto et comment voyez-vous son développement ?

Pour l'instant, c'est moi qui finance cette entreprise. Nous avons identifié des besoins partout dans le monde, mais Ypso-Facto est une toute jeune société. Au démarrage, nous allons nous concentrer sur l'Europe. À terme, mon objectif est bien de développer la société à l'international et au-delà d'une dizaine de personnes. Mais une chose est sûre, nous ne ferons pas de manufacturing. Je suis plus que content d'avoir contribué à la création de Novasep qui est la plus importante CMO de France et de l'avoir transmise. Aujourd'hui, j'ai envie de me concentrer sur de la prestation intellectuelle et de l'offre de service. Je crois que dans ce domaine, il y a la possibilité de créer de l'activité et de l'emploi sur le territoire français.

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